2019/04 Récit : Grand Raid Ventoux 2019 (Trail du Gigondas)

Week-end sportif en perspective : avec Benoit nous prenons la route le vendredi matin pour 11h00 de trajet…samedi un Ultra et dimanche retour en Normandie..11h00 de route
🚌🚌🚌…..

Vendredi soir : veille de course

Arrivés à Gigondas vers 18h00 sous l’orage (une nouvelle région pour ma part à découvrir) direction la cave à vin pour …le retrait des dossards !! Ca commence très bien car on nous offre une bouteille de vin rouge et j’adore les vins de cette régions, Gigondas, Vacqueyras 🍷🍷…Ensuite petit tour au village et là je négocie mal un virage, ne vois pas le bout de caillou qui dépasse de la vieille maison !! C’est gagné le van ramènera une belle cicatrice de cette aventure 😭… A ce moment précis, j’espère que le week-end se déroulera mieux..

Avec Ben on s’installe dans le camping du « domaine des Favre » au milieu des vignes. Les habitués sont des grimpeurs prêts à se frotter aux fameuses Dentelles de Montmirail (spot d’escalade très prisé), ça promet une belle fin de course. Chacun prépare son sac, c’est toujours un moment « solennelle » avec des habitudes précises à respecter, la pression monte pour ma part. Une petite Leffe 🍺 a le mérite de me détendre avant le dodo 😉 …

Samedi : 2h00 du mat’

Levés à 2h00 le samedi matin après une nuit agitée, la navette nous attend à 3h30 pour nous acheminer au départ dans le village de Venasque, départ du 100km. L’ambiance dans le bus est lourde, chargée de stress et de concentration voir d’introspection. Chacun se demande comment son corps va réagir à ce défi, avaler 100 bornes dans la caillasse et presque 5000 de D+. J’aime particulièrement ce moment car les dès son jetés, et c’est le calme avant la tempête.

Nous déposons nos sacs de ravitaillements que nous retrouverons au chalet Reynard au 48ième km. L’inconnue du jour pour moi est de savoir si je vais pouvoir faire toute la course avec mes Altra Olympus, mon premier Ultra en drop 0. Je n’ai validé que 3 sorties de 30 km jusqu’à présent. Je décide donc de mettre mes speedgoat2 dans mon sac de base de vie.

Avec Ben la stratégie est de gérer pour finir bien, on ne décide pas forcément de courir ensemble, on verra en fonction des sensations de chacun. Le profil de la course est trompeur car on pourrait croire à une première partie difficile (ça monte) et une deuxième partie plus facile (ça descend)…Que nenni !!

Un profil assez simple à visualiser

De Venasque à St Hubert => 0km à 24km, environ 1000mD+

C’est parti, le peloton de 300 trailers est lancé dans la nuit, les 10 premiers km s’avalent avec aisance, comme la première montée d’ailleurs vers le « Col de la Ligne ». Le jour se lève, je monte au train, je pourrais doubler mais je préfère temporiser, je suis bien. Ben part devant, je pense à ce moment là ne pas le revoir, il est en forme le bougre. La surprise de ce début de course est le froid, je pensais courir dans la douceur printanière eh bien non, une jolie brume empêche le soleil de nous réchauffer. Nous longeons « le mur de la peste »
qui est un rempart édifié afin de protéger la région de la peste qui frappa Marseille 1720.

Le mur de la peste, 27km de long…

Le premier ravito arrive à St Hubert au 24ième, deuxième surprise les ravitos sont de qualité bio mais le salé n’est pas ou peu au rdv. Ce n’est pas une critique car je suis assez partisan du trail simple mais j’ai oublié d’emmener mes sandwichs triangles quel c.. !! Ce ravito est aussi le premier rdv des relais. Toute la journée les relais « dossard jaune » animeront la course avec bien souvent des encouragements pour les coureurs de l’Ultra « dossard rouge », très sympa.

De St Hubert au Chalet Reynard => 24km à 48km environ 1100mD+

Ca repart en descente, on attaque le technique, le soleil nous réchauffe enfin, au 28ième je tombe sur Ben, je suis surpris, il est bien mais gère les descentes. On fait un bout de chemin ensemble, c’est cool, mais dans la montée vers les Gorges, il lâche du terrain, bizarre, j’espère le revoir plus tard… J’arrive au 30ième km sur le premier des 3 sites majestueux au programme du jour : les gorges de la Nesque :

Somptueux !!!

C’est très beau, des chemins en balcons, cela ressemble aux gorges de la Dourbie ou du Tarn. Sentiers très techniques mais assez dangereux car on court avec le vide à nos côté, il faut rester très vigilant. Je suis super bien, je profite de ce moment, on aperçoit les traileurs en face en train de remonter l’autre versant des gorges :

Les collègues de l’autre côté 😉 amusant…

Après être sorti des gorges, on attaque une montée régulière mais longue vers le chalet Reynard (mi-course et base de vie). Chacun sa technique, moi j’opte pour un mode marche nordique (je sors les bâtons pour la première fois, d’ailleurs j’ai adoré courir sans, à refaire), le traileur à côté de moi opte pour un mode alternance course et marche. On arrive ensemble en haut, quid de la meilleure méthode ? Arrive la base de vie youpi ! En bon état ma foi !! Je prévois 30 minutes d’arrêt (en réalité 20 seront suffisantes), à savoir que tous les autres ravitos sont des arrêts de 5 minutes, gestion parfaite pour une fois. Je change de chaussettes, un coup de lingette, je « noke » les petons, les bénévoles annoncent -10°C au sommet du Ventoux, j’hallucine. Je mets le coupe vent et ingurgite une mixture improvisée : soupe de légumes + amandes + cranberry 😂 vachement bon !! Je mets ma montre à recharger dans le sac, je suis vraiment lucide, c’est très bon signe pour la suite !!

En partant du ravito, je retrouve Ben qui arrive, je le trouve soucieux, je lui dis à tout à l’heure en espérant le retrouver sur un ravito. Je choisis de rester chaussé en Altra, par précaution j’emmène mes Hoka dans le sac, tant pis pour le poids, ça me rassure d’avoir une solution de secours au cas où mes mollets ne tiendraient pas le choc.

De Chalet Reynard à Groseau => 48km à 75km, environ 800 m D+ mais surtout 1500m D-

Sortie du Chalet 1500m, la végétation commence à disparaitre….

J’attaque l’ascension du Ventoux déterminé, en haut de « la tête de la Grave » on bascule sur la face nord en prenant de plein fouet les rafales de vent. Cette portion jusqu’au sommet du Ventoux est peut-être un de mes moments préférés jusqu’à présent en Ultra, pour 2 raisons : je n’ai jamais été aussi à l’aise en course (50 bornes déjà dans les papattes), je suis bien, léger houhou !! La deuxième raison est que c’est MA GNI FI QUE !! La vue sur les Alpes enneigés à l’horizon, le spectacle de cette nature est grandiose.

Tout droit dan la caillasse

De plus s’ajoute cette fameuse caillasse blanche du Ventoux, la végétation a disparu… Le vent s’intensifie au fur et à mesure de la montée, ce qui a pour conséquence de faire chuter la température, les conditions sont extrêmes mais je sais que c’est temporaire, pas d’alerte.

Je prends quand même mon premier « éclat » à 200 m du sommet, coup de mou en plein froid il fait presque -10°C ressenti. Arrive enfin le point sommital de ce géant que j’ai tant regardé à la télé sur les étapes du tour, un ravito nous attend…en plein vent: « BIG » chapeau pour les bénévoles qui nous encouragent et ravitaillent des coureurs qui ne s’arretent pas à cause du froid.

Je bascule sur l’autre versant qui lui est abrité du vent, il fait à nouveau bon (15°C je pense), que c’est bon, j’ai les doigts gelés. Arrive une des grosses difficultés de la course, 16km de descente, qui promet l’enfer à mes petits quadri de Normands 😱. Première partie: de la caillasse évidemment, où j’aurai l’occasion de remettre sur le bon chemin la future 2ième féminine partie dans la mauvaise direction. La suite de la descente est moins technique, il faut serrer les dents pour s’empécher de marcher synonyme de perte au classement, accepter la douleur qui te flingue les cuisses, tenir, tenir, j’emmène au passage un trailer jusqu’en bas, ça motive. C’est quand même dingue de réver de « monter » à ce moment de la course…

De Groseau à Gigondas => 75km à 100km environ 1000mD+

Arrive Groseau, c’est le dernier quart qui commence, les 2 premières féminines me faussent compagnie et termineront respectivement 35min et 8min devant moi, chapeau d’avoir tenu le rythme jusqu’au bout. Pour moi c’est la partie la moins drôle car ça y est, je suis entamé physiquement (les quadris et ma tendinite qui me chatouillent, normal elle n’était pas encore guérie à 100%). Cette portion n’est pas impressionnante sur le profil mais se révèle difficile car très technique (encore) avec beaucoup de relance (terrain de jeux génial quand t’es frais). Mais maintenant j’ai l’avantage de l’expèrience (punaise je parle comme un vieux 👴), je rentre en mode guerrier, m’équipe de mes écouteurs et avance coûte que coûte. C’est toujours aussi beau, les paysages ressemblent à l’Aveyron, on est pas nombreux sur le chemin. J’ai secrètement envie de finir avant la nuit, pas envie de remettre la frontale, mais les Dentelles de Montmirail ne sont pas de cet avis.

Nous sommes 2, 3 coureurs à faire l’accordéon, on se double et redouble sans arrêt, c’est rigolo comme situation. L’odeur de la bière me monte au cerveau 🍺 bien fraiche oh oui mon seigneur… A nouveau bien sur la fin, à 3 km de l’arrivée, je suis obligé de m’équiper avec la frontale argghh, contraint de la sortir du sac (effort énorme à ce moment précis) en plus je rage car je me fais doubler par un coureur, pas juste…. J’attaque un bois en descente et à 1.5km de l’arrivée mon pied se prend dans une racine, je pars sur l’avant, me protège mais l’impact inévitable est super violent, une grosse pierre me défonce les cotellettes, je n’ai qu’une pensée : avoir peur de ne pas finir. Heureusement, c’est juste une belle ecchymose qui m’attend, un autre coureur me double arrrrggg…. J’entends enfin le son de la musique, de la civilisation, des gens sont sur les bas côtés à attendre leurs proches, l’ambiance est bon enfant et chaleureuse, quelques pas encore et la ligne d’arrivée s’offre à moi au terme de 16h20 d’efforts, 75ieme/300. Quel bonheur, à moi les endorphines lol…

Je pense attendre Ben avec une petite bière, mais surprise il est là, frais et propre pour m’accueillir, je comprend très vite, il n’est pas reparti du Chalet Reynard à cause de son problème au talon qu’il traine depuis 1an…Super déçu pour lui…Il y aura environ 90 abandons sur cette épreuve.

Voila l’épilogue de cette aventure, cette course est magnifique, orga au top, bénévoles supers, balisage parfait, je vous la recommande à 200%…Bravo à Yannick Noel le vainqueur « normand » qui explose littéralement la course en 10h00 !!! Après la victoire de Yo il y a 2 ans, cette course est propice aux vikings.

Maintenant c’est repos et préparation de la Restonica, futur objectif début juillet, biz à tous.

Un beau souvenir…

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