12 Ultras au compteur mais toujours pas de Barjo, cette aberration traillistique ne pouvait perdurer !! Ce sacrilège est maintenant rompu : la 13ième sera la bonne et j’espère pas la dernière. Pourquoi me direz-vous ? Parce que tu retrouves les copains au départ (Jimmy, Jean-Phi, Caroline 3ième féminine 💪, Ludo 4ième 💪 et bien d’autres), ta famille aux ravitos et à l’arrivée, des paysages sublimes, et aussi une envie de finir le boulot plus proprement, j’ai explosé sur les 15 derniers km et ça me reste en travers de la gorge, que voulez-vous 😤…
Revenons à mes tendons. Levée à 00h45, la tête dans le bol de céréales après une bonne nuit d’1h et avec une certaine appréhension de courir des heures sur des chemins que je connais. Départ prévu à 3h30, la météo est bonne car grisaille annoncée, pas de grosse chaleur comme sur certaines éditions ouf….

Je sais que ce sera une course difficile, de par son profil roulant les 75 premiers km puis cassant les 25 derniers. J’ai repéré 1 mois auparavant les 50 premiers km avec Caroline et Tony (futur vainqueur du raid de l’archange, je sais m’entourer de sparring partner de luxe 😁. Le profil est trompeur car les côtes du début se courent aisément alors que les 25 derniers km se font sur des plages de galets puis sur un sentier des douaniers hyper technique.

Pour réaliser mon objectif, rentrer dans les 20, j’ai découpé ma course en 2 étapes : une 1ère partie (50km à Beaumont) à 6min/km soit un peu moins de 5h et la 2ième partie (+50km) à 7.1min/h ce qui doit donner du 11h00 pour 100km. Le parcours ayant légèrement évolué, 103km, je peux viser du 11h20…Je finirai finalement en 11h59 😭, +39min de labeurs 😳 et une 22ième place, c’est balot…

KM0 : Les tentes de l’orga ouvrent à 3h, le temps d’échanger quelques mots avec les copains puis le départ est donné à 3h32. Je décide de faire un départ à la Anthony Lavagnini, je fonce et on fera les comptes à la fin…ou pas. Un changement de parcours au début nous oblige à suivre un quad afin de nous guider sur les 2 premiers km. On attaque la 1ère descente dans les chemins, une vingtaine de coureurs devant moi, je suis gêné par la poussière provoqué par le troupeau qui trouble ma vision dans le halo de ma lampe frontale, il a fait tellement sec ces derniers temps. Au 2ième km, un coureur remonte en boitant, les boules pour lui, course déjà finie.
Je trouve le niveau des coureurs assez élevé, d’ailleurs les gens viennent de loin maintenant pour courir cette belle barjo, une récompense méritée pour les organisateurs.
KM7 : Les choses sérieuses commencent, on entre dans les landes de Vauville, et nous attaquons une côte peu pentue mais de plusieurs km. Certains marchent, moi je veux tout courir à mon rythme. Ça va bien, il fait nuit donc on ne peut malheureusement pas apercevoir le fauteuil d’Abraham (paysage de landes brulées par le vent salin). Je suis en compagnie de Seb Chausse avec qui on discute, c’est sympa et permet d’avaler les km sans trop sans rendre compte, on sera ensemble environ jusqu’au 50ième.
KM17 : Ravito de Biville, on vient de se taper la montée du Calvaire dans le sable mou, et une descente de dune pleine balle face à la mer.
KM je sais plus : dans une vicieuse ornière, ma cheville gauche se dérobe, je me rattrape dans un mouvement burlesque avec la jambe droite et m’étire l’adducteur plus que prévu dans la notice utilisateur, sans conséquence ouf.
KM29 : Ravito de Tréauville, très sympa devant une jolie maison en pierre. Je m’arrête 2min, remplissage de gourdes, un verre de coca, un bout de banane et ça repart. Je suis pile-poil dans mes temps de passage : 2h50 pour 2h52 de prévu, un métronome 😅, ça ne va pas durer lol.
On arrive ensuite à Dielette, point important car c’est de là que nous faisons demi-tour et revenons vers Beaumont pour la base vie du 50ième. D’ailleurs on l’aperçoit au loin dans la grisaille, punaise y a quelques plages et grains de sables entre elle et moi 🙄.
KM35 : Une plage d’avalée, sable mouillé et pas de vent donc de bonnes conditions. Nous voilà arrivés à Siouville. Dans les dunes juste après, lors de ma reco 1 mois auparavant, nous avions évité de justesse 2 vipères se dorant la pilule au soleil, donc je me méfie tout de même de ce passage.
KM39 : Ravito de Biville2, 3h54 soit 6min d’avance, les quadris commencent à se manifester, normal, mais je ne leur dis pas qu’il leurs reste plus de 60 bornes à travailler, malin que je suis.

KM45 : Nous sommes redescendus sur la plage pour une longue, longue portion sur le sable et avec à la fin des galets cause de marée haute. Le décor est somptueux, le ciel bleu est apparu et les rouleaux frappent la plage avec force. Malgré tout je commence à puiser dans mes réserves, Seb me lâche à ce moment précis. Pour ne pas arranger ma situation j’ai le fascia gauche qui se réveille juste avant la montée sur Beaumont. Pas de panique, je mettrai ma genouillère placée dans mon sac de base vie et cela règlera le problème. La montée sur Beaumont, que je ne connaissais pas, via la vallée est vraiment chouette…quand t’es frais. Pour l’instant elle passe bien mais au 100ième ça sera une autre histoire naturellement.

KM50 : Ravito de Beaumont 4h51, une vraie horloge suisse. Sophie est là ❤, j’apprécie sa compagnie à 8h30 du matin, ça booste un max. Je croise Seb qui part quand moi j’arrive mais j’ai besoin de faire 10min de break pour me reprendre un peu. Changement de t-shirt et de chaussettes, mise en place de la genouillère, un bisou et c’est reparti pour la 2ième partie. On rejoint la cote via de petites routes de campagne, ça me va bien pour relancer la machine. Arrivé sur le douanier entre Landemer et Omonville, les choses se corsent un peu, c’est technique et il fait tout à coup très chaud 🥵. Je chute 2 fois comme une m…. par manque de lucidité. Je sens tout de suite que je vais morfler sur la fin, manque de volume à l’entrainement. Mais bon on est à domicile et la famille va être là donc je garde la patate. Je commence à marcher dans les côtes pour m’économiser.

KM65 : Ravito du petit village d’Omonville la Rogue, j’arrive en 6h52 pour 6h48, pas mal sur le papier mais c’est un leurre car je suis un peu dans le dur et sachant que la fin est très très ardue il m’aurait fallu 20min d’avance. Heureusement j’adore cet endroit, certainement notre futur lieu d’habitation dans 4 ans, donc c’est avec bonheur que je retrouve Sophie au Café du Port où se trouve le ravito. J’ai trop envie de rester avec elle en terrasse, il y a une superbe ambiance avec plein de supporters et de touristes, mon 1er moment préféré de la course.

Je repars d’Omonville dans le dur comme on dit, j’attaque pour 3 côtes du côté d’Omonville la Petite (je précise pour les horsains (smile)), pour la fin le schéma est clair dans ma caboche : galets Anse Saint Martin = dur -> galets avant Goury = dur -> douanier Goury-Jobourg = très dur -> Douanier Jobourg-Vauville = horrible -> Montée vers Beaumont = explosion 🤯

Un coureur de Caen me rattrape dans une côte, je veux le laisser passer mais il préfère temporiser et on fera pratiquement la fin ensemble, courir à 2 est bienvenu pour tenir mentalement. J’ai les quadris fusillés, c’est vraiment horrible de se faire mal à chaque pas, juste envie de marcher mais pas possible sinon tous ces efforts auront été vains. Tenir coûte que coûte pour limiter la casse.

KM 84 : Ravito de Goury 9h19 pour 9h02, je suis 5min au-dessus de mes temps de passage car j’ai 2 km de plus au compteur. Il s’est mis à crachiner, ça fait un bien fou. Les bénévoles se sont abrités dans le hangar de la SNSM, le décor est magnifique, je regrette de ne pas avoir pris une photo. David un coureur du coin arrive un peu dans le même état que moi, c’est dur pour tout le monde ou presque. Je repars tant bien que mal, David va me déposer comme une fleur (20min à l’arrivée, bien joué), la 1ère féminine va me doubler et me coller 10min, et le clou du spectacle avec Tony qui après 280 bornes dans les papattes me colle un vent, quel monde cruel 😒. Une belle éclaircie avec la présence de ma maman à Jobourg avec Sophie (2iéme moment préféré). A 3km de l’arrivée, au pied de Beaumont, je chancèle, j’ai plus rien, alors que d’habitude l’arrivée me redonne ce petit peps d’adrénaline et bien ce coup-ci non, une loque…
Je passe la ligne en 11h59 et 22ième position, un peu frustré de cette fin mais c’est le jeu ma pauvre Lucette. Ma famille et mes jeunes collègues sont là pour m’accueillir avec une bière, une belle attention.


Il m’aura manqué une prépa plus axée sur la course (des bornes quoi) que sur le dénivelé. Je reste content d’avoir couru cette Barjo et revanchard pour l’année prochaine ou d’après !! SVP Messieurs les organisateurs ne supprimez pas cette 100 au dépend d’une 80, juste pour moi (lol). Seb fini 40min devant moi, pour quelqu’un d’inscrit une semaine avant… si j’avais pu l’accrocher grrr
Autre point qu’il faut mettre en exergue, le prix de cette course : 51€ pour un ultra de qualité, imbattable voir impensable à notre époque où tout est inflation, c’est vraiment tout à votre honneur Messieurs et Mesdames les GO et Bénévoles de la Barjo 👏, un grand merci , longue vie à la Barjo🫶
Maintenant c’est récup, avec le tour du Mont Blanc en famille 😍 et le GRP160/10000m fin août avec les ours, ça va pas être une mince affaire !! @ bientôt sur les chemins 😉

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