Ou l’histoire d’une grosse claque dans la g…..🥵
L’évènement « La barjo » est devenu un incontournable du nord ouest de la France dans la biosphère du trail. Un terrain de jeu somptueux, une orga rodée, une date planifiée en fin de printemps qui permet de préparer les grosses échéances de fin août. Pour les formats, hormis le gargantuesque 300K raid de l’Archange (par étapes), il y en a presque pour tous les goûts de 15 à 80km, « presque » car je faisais partie des déçus de l’arrêt du 100K que j’avais couru il y a 2 ans (à priori chose revue à partir de l’année prochaine avec la création d’un 120K : Barfleur / Beaumont).

Donc cette année je décide de me positionner sur le 80K, ayant beaucoup bougé depuis janvier cela me permet de courir pas loin de la maison, un beau compromis. Le parcours est celui de la 100K raboté de 20km sur la 1ere partie. Je sais par expérience que cette course est difficile, une première partie très roulante où l’on peut vite se cramer, s’ensuit une partie très usante avec des plages de graviers et de galets puis le dessert avec la section Goury/ Vauville très technique avec beaucoup de relances et de dénivelé, ce qui en fait exploser plus d’un.

Côté forme je suis confiant, je me sens mieux préparé qu’il y a 2 ans pour la 100 où je fis 22ième en moins de 12h. En début d’année j’ai avalé pas mal de dénivelé pour courir l’Objectif Roule puis j’ai fait beaucoup de vélo avec 2 évènements Gravel : Gravelman Breizh 200 en Mars et le tour de la Lozère en Mai. L’expérience qui va suivre va me prouver que je n’avais pas assez de sortie longue en trail dans les jambes « note pour plus tard » comme dirait un certain Parker Lewis, pour la réf années 90… Mon objectif est de finir en 9h00 soit du 9km/h de moyenne et un top 20 si je me fie au classement de 2024. Sur le dernier entrainement du mardi avant la course je me blesse à l’ischio droit, petite élongation, je sentirais la douleur pendant toute la course sans que cela m’empêche de courir.
Côté équipement, je pars avec des Mafates speed 4 neuves, mon sac Evadict 10L, ma lampe Stoot, et ma Garmin Enduro 2 😍 aucun des 4 ne me trahira 👍(il faut absolument que je vous fasse un retour test sur l’enduro 2, une merveille de technologie). Côté météo, elle s’annonce plutôt bonne avec une couverture nuageuse au début puis l’apparition du soleil vers 10H.


Le départ est donné à 5h30, soit une arrivée prévue vers 14h30 si tout se passe comme prévu. Nous sommes un peu moins de 400 sur la ligne selon le speaker, il va falloir partir dans le grupetto de tête pour ne pas se trouver freiné dans les 1er singles, je me place pas trop loin de la ligne.
3,2,1 c’est parti !! Je me colle d’entrée derrière une vingtaine de coureurs, 4’28 sur le 1er km, le rythme est donné. Les sensations sont très bonnes hormis la douleur à l’ischio, la frontale n’est utile que 10 minutes je peux vite la ranger. Sur les 30 premiers km, je cours toutes les côtes hormis la montée au calvaire du Biville dans le sable mou, dans cette côte le ratio dépense d’énergie/gain de temps n’en vaut pas la peine. Pour ma gestion de course la règle est assez simple : tous les 9 km je regarde mon chrono qui doit être inférieur à 1h, je sais que je dois être en avance jusqu’à Goury km 63 car je perdrai du temps sur la fin avec la fatigue et surtout le terrain accidenté. Mon plan fonctionne bien, j’arrive à Beaumont au 32 ième km en 3h00 soit 30′ d’avance. J’opte pour une stratégie rapide aux ravitos: remplissage des gourdes, 2 bouts de bananes avalés et je repars en buvant un verre de coca, soit 2 à 3 minutes d’arrêts.
Je repars vite avec l’objectif de ralier Omonville La Rogue au 48ième km. Nous basculons du coté Nord de la presqu’île, les difficultés vont bientôt commencer car une fois en bas nous rejoignons le sentier des douaniers, magnifique et qui longe les côtes escarpées du Nord Ouest du Cotentin.

Les singles sont déjà plus techniques et commence alors le combat « normal » entre le corps et le mental, mais les feux sont encore au vert🚦malgré un petit coup de moins bien au 42ième que j’arrive à gérer. J’arrive sur Omonville en 4h50 avec toujours mon matelas de 30′ d’avance sur mon objectif, j’envoie un selfie à la famille et aux copains et hop ça repart, je passerai les 50km en 5h00, je suis fier de moi à cet instant. J’attaque une partie, disons le clairement que je déteste courir, la section Omonville > Goury qui est une succession de plage de graviers qui absorbent toute énergie vitale, un vrai travail de labeur🥵.



Je commence à perdre du temps sur mon avance, ce qui est normal. Je me fixe Goury au km 63 comme objectif et ensuite il n’y aura plus qu’à finir (et la marmotte…). C’est vers le km 60 que les ennuis commencent, mes jambes me lâchent littéralement, ce n’est pas une sensation de fatigue mais j’ai les jambes broyées comme un lendemain de course sauf qu’on est encore en course😅 . J’essaie de trouver des solutions, je m’hydrate, je mange, je sais avec l’expérience que cela peut passer. J’arrive à Goury km63 en piteux état, je n’ai pas encore marché mais je n’avance plus. Aurore Maurin, 1ere féminine (19ième au scracth) me double avec une aisance qui me laisse admiratif, elle finira en 9h (mon objectif 😢) et va me coller 1h sur les 17 derniers km, félicitations à elle 💪.


J’arrive au Nez de Jobourg pour le dernier ravito, je n’ai plus rien dans le moteur, je me pose la question d’arrêter (qui serait une 1ere depuis 10ans), Sophie me téléphone pour m’encourager, elle me passe Elsa (ma grande fille💖) qui me dit d’aller au bout pour mieux le vivre après. C’est bête de ne pas finir pour 12 petits km, advienne que pourra je décide de terminer. Je décide d’oublier l’objectif du chrono (pas le choix me direz vous 😅), le plus difficile à avaler ce sont les coureurs qui me doublent un par un, je les envie mais bon je reviendrai plus fort et il y a plus grave dans la vie. Je finis la course en marchant en 10h à la 56ième place, une trentaine de coureur m’auront « mangé version Pacman » sur les 15 dernier km, sur le coup je suis extrêmement déçu mais cela reste une expérience de plus dans ma besace, ça ne peut pas passer à chaque fois. Après réflexion, je pense qu’il me manquait 2 ou 3 sorties longues dans les jambes pour finir bien au 81ieme km et non au 60ième km 🙄. Je sais que la course a été difficile pour tout le monde, félicitation à Alex pour sa 9ième place même si il était déçu également de son chrono. On se vengera tous les 2 sur l’échappée Belle fin août 155km/11500md+ 😱🤪.

Merci à l’orga et aux bénévoles, PS : le dossard et le t-shirt sont très beaux, BRAVO pour votre évènement, longue vie à la Barjo 😍 !!


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